Pyramide
- En deux: blanc.
- Noir.
- Froid.
- Neige.
- C'est ça.
Il reste de la neige, c'est sur, mais je commence à être à court de blagues. On sent bien que la saison se termine. Au vu de mes prochains week-ends, qui sont déjà bien occupés, il est même possible que je termine ma saison ici et maintenant. Par solidarité avec les personnes âgées, je décide de consacrer mon lundi de Pentecôte à une excursion de 3ème âge en compagnie des deux Jeans. Après un réveil mouvementé car non sonné, nous partons à l'heure (6h) tout de même pour le Lac de Poursollet. De là, deux écoles s'affrontent: il y a entre 45 minutes et une heure de portage; vaut-il mieux le faire en baskets ou en chaussures de ski ?
Je monterai seul en baskets. Le sac est effectivement bien plus lourd, mais quel confort ! Nous rejoignons la neige aux alentours de 2000m, mais il était à priori possible de chausser plus bas à condition de trouver le bon névé. Ce n'est pas très grave, mais nous tâcherons de rester dessus à la descente par contre.
Encore un peu de portage et nous pourrons chausser pour aller à la grande pyramide de gauche.
Nous montons de concert avec un groupe d'alpinistes qui ont choisi les crampons pour cette balade. Là encore, ce sont deux écoles différents, mais nous profiterons plus de la descente. Après les dernières traces de cailloux passées, nous pouvons chausser les skis et attaquer la petite difficulté technique, un ressaut assez raide en neige dure. Il passe bien, mais en restant concentré tout de même, et en appréciant les couteaux. Seul JV qui trouve difficile de faire des conversions raides (ou qui est raide quand il faut faire des conversions difficiles), décrochera et dégringolera de quelques mètres. Plus de peur que de mal, mais ce n'est jamais bien agréable.
Les pentes à droite que nous allons monter.
Nous rejoignons ensuite un grand vallon qui monte très tranquillement vers le Col du Petit Van (à priori un nom local car il ne figure pas sur la carte). Là, un vent à décorner les boeufs nous attend, et nous ne nous attarderons pas ici. Il faut maintenant monter en suivant les traces de neige pour atteindre le sommet. La neige est bien lisse, et couverte de petites billes de glace, souvenir de la grêle de la veille. Nous arrivons enfin au sommet et profitons d'une vue bien méritée vers le Taillefer.
40 siècles d'histoire nous contemplent d'ici...
La descente est excellente jusqu'au col, on se croirait sur une piste. Il faut juste faire gaffe à bien choisir sa langue de neige pour être sur de ne pas avoir à déchausser. En dessous du col, la neige est un peu plus molle est collante mais reste tout de même très skiable. Nous arrivons alors au dessus du ressaut de la montée. La pente est impressionnante, mais quand la neige est bonne, tout passe !
Heureusement que ce n'est pas gelé.
Nous pouvons ensuite serpenter joyeusement au milieu de névés, des vernes et des cailloux pour descendre le plus bas possible. J'arrive (avec beaucoup de traficotage skis à la main) à atteindre 1800m ! Je n'y croyais pas. J'apprécie ensuite à nouveau la marche en baskets, beaucoup plus stables quand il s'agit de descendre un sentier bien pierreux et humide. Nous profitons finalement d'une table pour manger notre pique-nique et d'une bonne bière bien fraîche servie à la buvette du Poursollet qui est déjà ouverte depuis 2 semaines. La pluie menace, mais nous y échapperons finalement, bien que le temps un peu couvert donne des airs de grand nord Canadien au paysage...
Les caribous ne sont pas encore rentrés de leur migration aux Baléares...
Si c'était la dernière balade, ça valait clairement le coup. A refaire une autre année, il faudra par contre venir dès l'ouverture de la route, pour éviter un portage aussi long. Et il y a d'autres beaux itinéraires à faire, comme par exemple monter au Taillefer et descendre par le couloir Pinelli, puis d'autres couloirs en direction du lac de la Courbe.
Mais bon, qui sait si je n'arriverai pas à trouver encore un petit créneau de ski ce weekend...